Rencontre avec l’inspection EVS le 16/05/2019

320px-caen_rectoratCe 16 mai 2019 dernier, l’APDEN Caen, représentée par son président Camille Brouzes et Aline Claudeau, secrétaire, a rencontré M. Arnoux, IA-IPR EVS. Durant une heure trente, les échanges ont porté sur la situation académique des professeurs.e.s documentalistes, leur place dans la réforme des lycées et les conséquences possibles de la fusion des académies normandes.

Nous avons commencé par remercier M. Arnoux d’avoir accepté de nous rencontrer, ainsi que d’avoir relayé sur la liste de diffusion académique l’information concernant le congrès des professeur.e.s documentalistes qui s’est tenu à Grenoble en mars dernier. M. Arnoux demande à l’APDEN de l’informer de la publication des actes du congrès, afin qu’il puisse transmettre l’information aux collègues.

1. La situation académique des professeur.e.s documentalistes

Lors de l’audience de l’APDEN Caen et du SNES au rectorat en juin 2017 , M. Colin, DRH, nous avait conseillé de consulter le bilan social académique. L’APDEN a relevé dans le bilan social académique 2017-2018 244 postes de professeurs.e.s documentalistes mais nous nous interrogeons sur la signification de ce nombre : s’agit-il du nombre de postes ou du nombre de professeurs.e.s documentalistes, qu’ils.elles soient en poste ou détaché.e.s ? M. Arnoux confirme cette deuxième option. Dans ce même bilan, un tableau de la répartition des enseignant.e.s comprend une ligne documentation-éducation. M. Arnoux explique qu’il s’agit des professeurs.e.s documentalistes et des CPE bien qu’ils ne devraient pas être associés puisque ne relevant pas de la même réalité fonctionnelle.

L’APDEN constate que souvent les professeurs.e.s documentalistes sont un peu à part, notamment dans les bases de données du rectorat. Elle illustre cette situation par l’exemple récent de plusieurs courriers du Ministre de l’éducation nationale adressés aux enseignant.e.s que les professeurs.e.s documentalistes n’ont pas reçus. M. Arnoux signalera cette anomalie à la DSI, les professeurs.e.s documentalistes ne devant pas être condamné.e.s à cette marginalité qui pose également problème pour leur rémunération quand ils.elles sont professeur.e.s principaux ou font des heures supplémentaires. L’APDEN ajoute que ses adhérents ont justement fait remonter le problème du paiement des remplacements de courte durée et de la mission de professeur.e principal.e, ainsi que des remplacements de courte durée. M. Arnoux souligne son incompréhension face à cette situation, d’autant que l’inspection EVS incite les chef.fe.s d’établissement à ne pas exclure les professeurs.e.s documentalistes de cette mission. Avec le CARDIE, ils avaient interpellé sur cette question le ministère qui n’a pas donné réponse. M. Arnoux rappelle que les professeur.e.s documentalistes ne doivent pas être considéré.e.s comme des professeur.e.s de second rang. Selon lui, les professeur.e.s documentalistes ont deux combats à mener : l’agrégation et le statut plein et entier de professeur.e. M. Arnoux conclut sur ce point en précisant que les collègues doivent l’informer par mail de ce genre de problèmes afin qu’il transfère la demande à la DSI.

L’APDEN s’inquiète de la décision prise lors du CTA du 25-03-19 de supprimer un poste dans un collège de l’Orne sur deux sites, ayant comme conséquence un poste réparti sur chacun des deux sites et donc sur deux CDI différents. L’APDEN, alertée par l’argumentaire justifiant cette décision basé sur le ratio professeur.e.s documentalistes/professeur.e.s supérieur à la moyenne nationale (ratio expliqué par la présence de nombreux petits établissements dans l’académie), sera vigilante à ce que cette situation ne crée pas un précédent dans l’académie et que les professeur.e.s documentalistes ne deviennent pas une variable d’ajustement. M. Arnoux précise qu’il s’agit d’une décision conjoncturelle liée à une situation particulière (2 postes pour 200 élèves) et ne pense que cela puisse être amené à se reproduire ailleurs. Par ailleurs, la carte cible des postes de documentation en collège utilisée par le CTA précise une dotation académique d’un.e professeur.e documentaliste pour 360 élèves. L’APDEN se félicite de ce chiffre et s’interroge sur son choix. M. Arnoux précise que cette carte cible est élaborée pour avoir un axe de réflexion, mais que les décisions sont prises en prenant en compte de nombreux autres facteurs.

L’APDEN regrette par ailleurs que les professeur.e.s documentalistes soient de temps en temps oublié.e.s dans des communications les concernant, évoquant l’EMI ou la lecture, et cite l’exemple récent d’un message d’Emmanuelle Griffon, référente EMI au rectorat, sur les résidences de journalistes, adressé aux professeur.e.s d’Histoire-Géographie et de Lettres-Histoire. M. Arnoux l’avait constaté et par conséquent transféré aux collègues.

2. La réforme des lycées

Nous rappelons que le bureau national de l’APDEN a été consulté dans le cadre de la refonte des programmes des lycées et regrette que dans les nouveaux programmes du lycée général et technologique les professeur.e.s documentalistes soient si peu cité.e.s et, quand ils.elles le sont, cantonné.e.s à un rôle accessoire. L’APDEN Caen a consulté ses adhérent.e.s sur cette réforme. Une adhérente lui a fait un retour très positif. Les autres regrettent de ne pas être associé.e.s aux discussions de répartition des enseignements notamment pour les SNT (sciences numériques et technologie), les arbitrages étant souvent liés à la sauvegarde de postes, ainsi que la fin des TPE qui représente la perte d’une opportunité réelle d’intervention concernant la formation à la recherche d’information (l’enseignement SNT se prêtant quant à lui particulièrement au développement d’une culture numérique et informationnelle pour laquelle les professeur.e.s documentalistes sont particulièrement compétent.e.s ).

Concernant les SNT, l’APDEN demande comment cet enseignement a été pensé dans notre académie, constatant une réelle disparité entre les académies. Quel est le discours des différents IPR à ce sujet ? Quel message a été transmis aux chef.fe.s d’établissement ? M. Arnoux constate et déplore la situation académique et que la difficulté de collaboration avec les professeur.e.s se voit encore accentuée. Il explique par ailleurs que cette situation peut être également due à un manque de visibilité de ce que font les professeur.e.s documentalistes et d’une disparité entre les lycées, tou.te.s les professeur.e.s documentalistes ne souhaitant pas être associé.e.s à cet enseignement. M. Arnoux demande à ce que les professeur.e.s documentalistes intéressé.e.s par la formation pour les SNT le mettent en copie de leur candidature afin qu’il appuie leur demande. Par ailleurs, les professeur.e.s documentalistes qui pensent qu’un échange entre lui et leur chef.fe d’établissement peut faire évoluer la situation peuvent le contacter.

L’APDEN s’interroge sur la communication renouvelée autour des 3C, cités dans les nouveaux programmes de Langues vivantes du lycée, et ayant fait l’objet d’une conférence organisée par CANOPÉ à Normand.e.day. Par ailleurs, l’APDEN regrette que, bien souvent, les professeur.e.s documentalistes soient peut associé.e.s aux décisions de réaménagement des lieux. Elle cite l’exemple du lycée Corot-Curie de Saint-Lô où CANOPÉ 50, consulté dans le cadre du réaménagement des espaces de vie scolaire, a indiqué que le CDI du futur est un CDI avec beaucoup moins de ressources imprimées. Il est, dans cet établissement, prévu des nouveaux espaces partagés avec la vie scolaire proches du 3C. M. Arnoux va s’intéresser de plus près à ce projet et aux discussions en cours. Il précise qu’au niveau national il n’a pas senti de poussée sur les 3C et rappelle que le CDI ne doit pas seulement être un espace d’animation, c’est avant tout un lieu d’enseignement qui doit être central dans les établissements.

Enfin, l’APDEN pose la question de la généralisation du PIX prévue à la rentrée prochaine, dont l’objet concerne les professeur.e.s documentalistes. M. Arnoux ne dispose à l’heure actuelle d’aucune information sur le sujet.

3. La fusion des académies de Caen et de Rouen

M. Arnoux précise que la fusion est pour le moment engagée pour les responsables de services des rectorats. L’inspection EVS est donc incitée à une fusion progressive. Ainsi, l’an prochain la journée académique des professeur.e.s documentalistes sera commune aux deux académies.

La formation continue reste pour le moment indépendante. Nous exprimons notre inquiétude face à une disparition possible d’une des deux formations initiales, motrices pour la formation continue au sein des deux académies. M. Arnoux explique qu’il y aura effectivement une réorganisation des ESPÉ dans le cadre de la fusion des services mais que tout ceci se fera très lentement, et que rien n’est décidé pour l’instant.

Enfin, l’APDEN Caen pose la question d’un hébergement pour PMB en particulier mais également pour d’autres services tels qu’InfoDocLog, l’hébergement académique de PMB étant possible à Rouen alors que la DSI de Caen le refuse. M. Arnoux demande aux collègues de lui faire remonter les demandes concernant l’hébergement web qu’il enverra en copie à l’IA-IPR EVS de Rouen en charge de la documentation.

Nous remercions M. Arnoux de son écoute et des réponses qu’il a apportées tout au long de la conversation qui s’est tenue dans une ambiance tout à fait cordiale.

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