Courrier à la DAAC et à la DAEMI, 26 janvier 2016

Lors de l’assemblée générale 2016, les collègues présents ont évoqué le boycott de la semaine de la presse et et des médias qui s’est lancé spontanément sur les réseaux professionnels. Il a été convenu que le bureau prendrait contact avec le CLEMI académique pour relayer le mouvement des collègues bas-normands. Le 26 janvier 2016, le mail suivant a été envoyé à Emmanuelle Griffon, déléguée académique à l’éducation aux médias et à l’information et de Marie Cardine, déléguée académique à l’action culturelle :

Mesdames,

L’association des enseignants documentalistes de l’académie de Caen ( AEDAC ) souhaite porter à votre attention le mouvement d’exaspération qui s’exprime dans notre profession à l’égard de la communication autour de la semaine de la presse et des médias à l’école. Ce mouvement spontané a conduit un certain nombre de collègues à ne pas inscrire leur établissement à ce dispositif important pour notre profession. Lorsque ces professeurs documentalistes se sont exprimés, ils ont ainsi expliqué pour la plupart qu’ils ne s’y inscrivaient pas pour la première fois depuis le début de leur carrière.

Les professeurs documentalistes ne refusent évidemment pas de travailler sur les médias et la presse, bien au contraire. Cependant, ils souhaitent par ce biais montrer qu’ils en sont des acteurs
incontournables, sans être pour autant exclusifs. Il s’agit pour eux de protester contre une communication qui les exclut de ce que l’ensemble d’une profession a mis en place depuis des années, sentiment d’exclusion déjà exacerbé par le projet de réforme du collège.

Ils constatent et déplorent ainsi que, lors de la signature de la convention sur l’éducation aux médias et à l’information entre le ministère de l’éducation nationale, celui de la culture et de la
communication et Canopé en décembre dernier, aucune mention n’a été faite des professeurs documentalistes, qui assument pourtant la charge de cet enseignement, et l’ont développé alors que le thème de l’éducation aux médias n’était pas autant mis en avant qu’aujourd’hui.

Ils constatent et déplorent que la communication autour de l’édition 2016 de la semaine de la presse et des médias les oublie également, alors que les professeurs documentalistes en assurent l’organisation concrète dans la plupart des établissements scolaires du second degré.
Ils constatent et déplorent que le CLEMI et le réseau Canopé s’approprient ce succès, en écartant le travail et l’expertise didactique de toute une profession.
Ils constatent et déplorent la réduction de l’éducation aux médias et à l’information à une éducation aux médias d’actualité, certes indispensable, mais loin d’être suffisante pour faire face aux enjeux civiques et pour répondre aux avancées de la recherche en sciences de l’information et de la communication.

Nous sommes disponibles pour vous rencontrer afin d’éclaircir les points de désaccords liés en partie à une communication problématique de la part du CLEMI, et continuer à contribuer ensemble à la formation des élèves vers une culture de l’information.

Nous vous prions de croire, Mesdames, en l’expression de nos salutations distinguées.

Pour le bureau de l’AEDAC,
Camille Brouzes, président

Madame Françoise Guitard, Déléguée académique à l’action culturelle, a accusé réception de ce courrier.